Musée d’Art Moderne et Contemporain de Nice, Provence-Alpes-Côte d’Azur, France

Le musée d’art moderne et contemporain, également appelé Mamac, est un musée dédié à l’art moderne et contemporain ouvert depuis le 21 juin 1990 à Nice. Situé au cœur de la ville, à côté de la place Garibaldi et dans le prolongement de la “Coulée Verte”, le MAMAC propose une plongée dans l’Art International d’après-guerre des années 1950 à nos jours. Avec une collection de près de 1 400 œuvres de plus de 350 artistes (dont 200 en moyenne exposées), le musée propose – entre autres – un dialogue original entre le nouveau réalisme européen et le pop art américain. Le musée présente également des œuvres clés de l’art minimal et de l’arte povera. Deux artistes majeurs de l’art du XXe siècle forment le cœur des collections: Yves Klein, avec une salle permanente unique au monde, rendue possible grâce aux prêts à long terme des Archives Yves Klein, et Niki de Saint Phalle.

Le musée met également en lumière la singularité et l’importance de la scène artistique locale de la fin des années 50 au début des années 70. Nice et la Côte d’Azur étaient alors un lieu important d’expérimentation et d’invention de nouveaux gestes artistiques avec des artistes de premier plan comme Yves Klein, Martial Raysse, Arman, Ben et des groupes comme Supports / Surface. Malgré la singularité des personnalités et des pratiques, trois enjeux majeurs se posent: l’acte d’appropriation du quotidien (avec les Nouveaux Réalistes notamment), un art du geste et de l’attitude (avec Fluxus) et une exploration analytique de la peinture (avec Support / Surface et Groupe 70). Cette recherche est mise en perspective avec la création artistique européenne et américaine des soixante dernières années.

Le bâtiment du musée situé à côté de la place Garibaldi, conçu par les architectes Yves Bayard et Henri Vidal, a la forme d’un arc tétrapode à cheval sur le cours du Paillon. La monumentalité du projet développé sur la couverture du Paillon permet de relier le musée à un théâtre via une terrasse, appelée Promenade des arts. Avec son plan carré, son architecture s’inspire des règles du néoclassicisme. La surface disponible est d’environ 4 000 m 2 répartis sur neuf salles d’exposition sur trois niveaux. Ses façades lisses sont recouvertes de marbre blanc de Carrare. L’entrée et la boutique se trouvent au niveau de l’Esplanade Niki de Saint Phalle surplombant la place Yves Klein où se trouvent également l’auditorium et la galerie contemporaine du musée. Les espaces du musée sont dédiés au premier étage aux expositions temporaires,

Les espaces s’étendent sur cinq niveaux, dont deux ensembles de 1.200 m2 consacrés aux collections du musée. Un étage et une salle de projet sont consacrés à des expositions temporaires internationales alternant expositions thématiques et monographies d’artistes majeurs des soixante dernières années. Un toit-terrasse accessible au public offre une vue panoramique imprenable sur Nice.

Histoire
Le musée d’art moderne et contemporain de Nice a été inauguré le 21 juin 1990. Plusieurs projets cohérents de création d’un tel musée sont apparus à Nice dans la seconde moitié du XXe siècle. Le premier est lié à la restructuration de la Galerie des Ponchettes, projet porté par Henri Matisse et Pierre Bonnard, développé par le Docteur Thomas, puis par Jean Cassarini, première préfiguration du Musée d’Art Moderne de Nice. La deuxième hypothèse qui s’est dégagée était de construire une aile moderne dans le jardin du musée Masséna. Ce projet a été abandonné pour construire un parking.

L’idée a été relancée au milieu des années 70 avec la nomination de Claude Fournet au poste de directeur des musées de Nice. L’ouverture de la Galerie d’art contemporain (GAC) et une programmation contemporaine à la Galerie des Ponchettes, ont offert au public niçois une vitrine importante de l’art.

En 1985, l’exposition «Autour de Nice» à l’Acropole, présentant un premier groupe d’œuvres des Nouveaux Réalistes, l’École de Nice et Support / Surfaces en particulier, devait certifier la nécessité d’un musée de Art moderne et contemporain à Nice. La même année, une convention signée avec l’État prévoit la mise en œuvre sur cinq ans d’un ambitieux programme d’achats d’œuvres d’art. L’aide financière de l’État apportée à la ville dans sa campagne d’acquisition va enclencher le processus de classement du futur établissement sous le label «musée contrôlé par l’état». Dès 1987, une convention a été signée entre la Ville de Nice et l’Etat pour financer le projet architectural.

Le bâtiment
Les architectes Yves Bayard et Henri Vidal ont fait une proposition originale pour une sorte d’arc tétrapode à cheval, d’une part sur le Paillon, et d’autre part sur l’axe de l’ancienne autoroute N7 reliant le quartier portuaire et la vieille ville. aux quartiers qui se sont développés aux XIXe et XXe siècles. L’architecture du musée devait harmoniser deux éléments qui composent le tissu urbain niçois: l’urbanisme sarde et l’utopie exotique de la Belle Epoque.

Une monumentalité inspirée des principes du classicisme (plan carré, arcature) répond au tracé de la Piazza Garibaldi. Les tons ocre rouge de la base se mêlent aux surfaces lisses de marbre de Carrare des tours, sur lesquelles sont sculptés les oliviers, pour créer un jeu optique qui transpose au cœur de la ville les registres d’ordre et de paix de la nature méditerranéenne. La couverture du Paillon offre une rare opportunité d’avoir un terrain en centre-ville et permet l’ample développement d’un dispositif appelé “Promenade des Arts” composé d’un musée et d’un théâtre et prolongé par la “coulée verte” aujourd’hui.

Cet emplacement crucial au cœur de la ville nécessitait un développement de grande hauteur composé de quatre tours carrées sur une base de 20 mètres de chaque côté pour une élévation de 30 mètres. De l’extérieur, ils sont aveugles mais reliés par des passerelles en verre. Les espaces d’exposition sont répartis sur quatre niveaux, plus un niveau pour le lobby et un pour les terrasses accessibles au public. Le deuxième niveau accueille les expositions temporaires, tandis que les 3e et 4e niveaux sont consacrés aux collections. Le premier étage abrite la galerie contemporaine du musée. Les espaces d’exposition sont déployés sur 10 salles d’exposition.

Les terrasses sont traitées comme des belvédères d’où la vue embrasse largement la ville. Sur l’un d’entre eux, Le Mur de Feu d’Yves Klein, réalisé avec l’aide de la Direction des Musées de France, est présenté; il s’agit d’une édition de l’un des projets développés par l’artiste pour son exposition à Krefeld en 1961.

La place reliant le musée au théâtre d’une part et au Palais des Congrès d’autre part, permet l’installation de sculptures monumentales comme le Stabile Mobile d’Alexander Calder ou le Loch Ness Monster de Niki de Saint Phalle.

Les collections
Ils comprennent 1331 œuvres de 346 artistes au 13 octobre 2014, dont 436 peintures et 292 sculptures et installations, qui offrent un panorama avant-gardiste de la création artistique de la fin des années 1950 à nos jours, articulé autour de différents mouvements.

Nouveau réalisme – Pop Art
Chambre 4
La collection MAMAC témoigne de l’émergence, à la fin des années 50 et à l’aube des années 60, de mouvements empruntant à la réalité et de la réinterprétation de la culture de masse naissante qui émergeait aussi bien en France – notamment à Paris que autour d’un centre d’artistes à Nice – et aux États-Unis.

Ce nouveau mouvement artistique a été témoin autant qu’il a créé un nouveau langage visuel. Ce mouvement «pop», aux allures d’onomatopée, incarne une aspiration collective au «moderne», à l’assaini, au spectaculaire, au glamour, aux loisirs, à l’hédonisme et à la projection vers un mode de vie du futur.

Venant de la rue, de ses affiches, de l’efficacité des publicités, des magazines émaillés de portraits d’icônes en vogue; stimulée par les possibilités offertes par les nouveaux matériaux – ronds, souples, plastiques, couleurs brillantes – cette esthétique rapproche l’art et la vie, rebondit la création dans des souches populaires et éblouissante, embrasse la culture de masse émergente.

Comme l’art cinétique à la fois, le Pop – sans être politique – porte un idéal démocratique, le défi de l’immédiateté de la perception, l’ardeur d’une jeunesse désireuse d’inventer son nouveau monde. Le nom de ce mouvement sera Pop dans sa trajectoire anglo-américaine puis dans son orbite internationale; “Nouveau Réalisme” dans son ascendant franco-européen et sa réinvention d’une attitude dada “.

Niki de Saint Phalle
Salle 5
«Dans l’histoire de l’art, Niki de Saint Phalle (1930-2002) fait figure d’exception. Peu de femmes artistes jouissent du même niveau de reconnaissance d’un large public qu’elle. Elle s’est fait un nom et son destin par la liberté d’expression. , l’iconoclasme de ses gestes et la démesure de ses projets. Pourtant, elle a longtemps fait l’objet de malentendus, cantonnés à ses iconiques «Nanas», à ses déclarations passionnées et à son sens féroce de la parure, elle a été évitée par une frange d’hommes critiques pour son travail «féminin» et ses commentaires sur le matriarcat, et par des historiennes de l’art féministes sous prétexte d’une possible complicité avec les stéréotypes sexistes. Son travail est enfin reconsidéré aujourd’hui dans toute sa richesse et sa complexité; considéré pour sa contribution indiscutable et unique à une histoire des formes et des gestes;mesurée par son engagement et son attention aux problèmes et aux luttes de son temps.

Le MAMAC possède l’une des trois collections de référence dans le monde de l’œuvre de l’artiste franco-américaine, de ses premiers tableaux et assemblages de la fin des années 1950, aux toutes premières peintures par balle du début des années 1960, aux “nanas” iconiques et aux mariées, à elle estampes prolifiques “.
Hélène Guenin

Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle est née le 29 octobre 1930 à Neuilly-sur-Seine. Elle était la deuxième de cinq enfants nés de Jeanne Jacqueline (née Harper) et André Marie Fal de Saint Phalle, originaire d’une famille de banquiers français. Le crash de Wall Street a eu un certain nombre de conséquences sur l’entreprise familiale et l’a amenée à s’installer aux États-Unis. Niki a ensuite fait ses études dans des écoles américaines, passant régulièrement ses vacances d’été en France.

Ce double sentiment d’appartenance est un symbole des liens artistiques existant entre la France et les États-Unis depuis le début des années 1960. Cela a été illustré par la présence à Paris d’artistes de renommée internationale tels que Jasper Johns, Robert Rauschenberg, Willem de Kooning, Jackson Pollock, qui ont été invités à exposer dans des galeries parisiennes bien connues, dont celles d’Ileana Sonnaben, et des musées tels que le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

Sans aucune éducation artistique formelle autre que son propre instinct et la certitude que c’était son destin, Niki de Saint Phalle – qui a commencé à peindre son univers mental rempli de fantastique à la manière héritée de Matisse, Ensor, de Dubuffet et Pollock – a créé des assemblages. , collectant toutes sortes de petits objets et de débris. Elle perfectionne ces idées dans ses reliefs monumentaux et dans ses actions-tirs qui, par leur nature même, ont convaincu le critique Pierre Restany de la nécessité absolue de les inclure dans le groupe des «Nouveaux Réalistes».

Développant une démarche qui impliquait une sorte de libération, reflétant son besoin d’expulser une certaine violence, Niki de Saint Phalle a commencé à travailler sur des sculptures en 1963. Des assemblages de bas-reliefs, elle est passée aux créations 3D avec ses premiers Nanas en 1964. Ces sculptures , aux couleurs vives et aux courbes généreuses, symbolisait la femme moderne, libérée des traditions. Les Nanas sont noirs, jaunes et roses, ils sont multiraciaux pour refléter le monde.

Elle s’est consacrée sans relâche pendant de nombreuses années à la défense des minorités culturelles et à l’intégration des populations noires dans la société américaine.

Yves Klein
Salle 6
Né en 1928 à Nice, Yves Klein est le premier à devenir judoka. En 1954, il se tourne définitivement vers l’art et commence son «aventure monochrome». Il a pris le bleu outremer, auquel il a donné son nom «IKB» (International Klein Blue). Puis il se lance dans la quête de l’immatériel et réalise des performances avec ses «pinceaux vivants». Klein va au-delà de toute représentation artistique en acceptant que la beauté est présente à l’état invisible et que sa mission en tant qu’artiste est de la saisir où qu’elle soit. Son travail franchit les limites de l’art conceptuel, corporel et du happening et illustre une diversité de pratiques et de formes qui font indéniablement d’Yves Klein l’un des artistes les plus innovants de son temps.

La seconde moitié du XXe siècle a été profondément marquée par la créativité d’Yves Klein, à travers ses monochromes, événement charnière du vide, l’utilisation de l’or et du rose parmi une trilogie de couleurs. Il a marqué son temps grâce aussi à son utilisation d’éponges imbibées de couleur pure, ainsi qu’à l’utilisation du feu comme pinceau. Aujourd’hui, sa créativité continue d’influencer les nouvelles générations d’artistes et de chercheurs. Yves Klein est décédé en 1962, à l’âge de 34 ans, et a laissé derrière lui une œuvre intense, mais aussi audacieuse et infinie.

Cette salle, unique au monde, a bénéficié du soutien des Archives Klein et de collectionneurs privés qui ont généreusement mis leurs œuvres en dépôt au MAMAC.

C’est sur le mur d’une cave appartenant à la famille d’Arman que Klein peint ses premiers monochromes bleus, vers 1947-1948. En 1955, il rencontre Tinguely, César, Raysse et Restany à Paris et expose au Salon des Réalités Nouvelles, un nouveau tableau fait d’une seule couleur, qui est refusé et fait polémique. A partir de 1956, les expositions de Monochromes se succèdent.

Il débute sa «Période bleue» en 1956 en choisissant un bleu outremer déjà existant, extrêmement saturé qui est, selon Klein, «l’expression la plus parfaite de la couleur bleue». Klein est à l’époque fasciné par le pigment pur outremer, d’une intensité incomparable. Il montre pour la première fois l’installation «pigments purs» chez Colette Allendy en mai 1957, essayant de montrer «la couleur en soi»:

Pigments purs – Le pigment pur, exposé sur le sol, est devenu la peinture elle-même plutôt qu’une image accrochée; le médium fixateur étant le plus immatériel possible, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une force d’attraction qui ne dirigeait que vers elle-même. Il n’a pas modifié les grains de pigment, comme le fait inévitablement l’huile, la colle ou même mon propre fixateur spécial. Le seul problème avec cela: on se tient naturellement debout et regarde vers l’horizon. »

Mouvements et artistes
Les Nouveaux Réalistes Européens avec les artistes niçois Arman, Yves Klein et Martial Raysse, aux côtés de César, Christo, Niki de Saint Phalle, Mimmo Rotella, François Dufrêne, Jean Tinguely, Gérard Deschamps, Daniel Spoerri, Raymond Hains, Jacques Villeglé, Alain Jacquet
La version américaine avec Pop art est représentée par une collection d’œuvres de Roy Lichtenstein, Robert Indiana, Andy Warhol, James Rosenquist, Claes Oldenburg, Tom Wesselmann, John Chamberlain, Jim Dine, George Segal et le néo-dadaïste Robert Rauschenberg.
L’école de Nice avec Ben est liée à plusieurs œuvres représentatives de Fluxus comme avec Robert Filliou
L’Arte Povera rassemble plusieurs artistes dont Pier Paolo Calzolari, Michelangelo Pistoletto ou Enrica Borghi
Supports / Surfaces est représenté avec Noël Dolla, Marcel Alocco, André-Pierre Arnal, Louis Cane, Daniel Dezeuze, Vincent Bioulès, Marcel Devade, Christian Jaccard, Bernard Pagès, Jean-Pierre Pincemin et Claude Viallat.
Le minimalisme américain et le champ de couleur sont illustrés par Morris Louis, Paul Jenkins, Kenneth Noland, Jules Olitski, Ellsworth Kelly, Sol Lewitt, Larry Poons (en), Frank Stella et Joseph Kosuth
Minimalisme européen avec François Morellet, Olivier Mosset, Jean-Pierre Raynaud, John Armleder, Bernar Venet, Jan Voss
La figuration des années 60 et 80, par Hervé Télémaque, Bernard Rancillac, Antonio Recalcati, Ernest Pignon-Ernest, Keith Haring, Sandro Chia, Robert Combas, Hervé di Rosa, Rémi Blanchard, François Boisrond, Robert Longo, Jean-Charles Blais
Il y a aussi des œuvres de Serge Charchoune, Alexander Calder, Joseph Cornell, Hans Hartung, Lucio Fontana, Nicolas de Staël, Simon Hantai, Pierre Soulages, Olivier Debré, Victor Vasarely, Karel Appel, Paul Mansouroff, Annette Messager, Jan Fabre, Ai Weiwei , etc.

Dons et dépôts
Depuis son ouverture, Yves Klein a bénéficié d’une salle où sont rassemblées une vingtaine de ses œuvres, dont plusieurs appartiennent à la collection permanente du musée.

En octobre 2001, Niki de Saint Phalle lègue une grande partie de sa collection à la Ville de Nice pour le musée: le corps de la donation est composé de 170 œuvres dont 63 peintures et sculptures, 18 gravures, 40 lithographies, 54 sérigraphies et de nombreux documents originaux. Parmi les sculptures monumentales se trouve le monstre du Lochness.

Les emballages de Christo font partie du dépôt effectué par Lilja Art Fund Foundation.

En 2004, l’artiste suisse Albert Chubac a offert une centaine d’œuvres au musée Niçois.

En 2010, le collectionneur Khalil Nahoul a fait don de 94 œuvres (peintures, dessins, estampes) dont des pièces de Pierre Soulages, Francis Bacon et Hans Hartung.

En 2014, le legs Berggreen comprend des œuvres de John Armleder, Jean-Charles Blais, François Morellet, Claude Viallat ou Jean Michel Alberola.

Expositions temporaires
Au fil des années, le MAMAC a proposé de grandes expositions collectives internationales: Klein Byars Kapoor (2012), Intra-Muros (2004), De Klein à Warhol (1997); Chimériques polymères, le plastique dans l’art du XXème siècle (1996); expositions monographiques d’artistes de premier plan Liz Magor (2017), Ernest Pignon-Ernest (2016), Wim Delvoye (2010), Robert Longo (2009), Richard Long (2008), Robert Rauschenberg (2005), Niki de Saint-Phalle (2002) ), Arman (2001), Yves Klein (2000), Tom Wesselmann (1996); tout en mettant l’accent sur la relation particulière avec la région voisine du nord de l’Italie avec des expositions personnelles de Giovanni Anselmo (1996), Gilberto Zorio (1992), Pier Paolo Calzolari (2003) ou Michelangelo Pistoletto (2007).

A propos de Nice. 1947-1977
Les éléments réunis ici font partie de la grande exposition «Concernant Nice. 1947-1977» organisée en 2017 dans le cadre de la Biennale «Nice 2017. Ecole (s) de Nice» et à l’occasion de l’anniversaire présumé de la naissance de cette effervescence artistique.

L’Ecole de Nice donnée ou la liste de ses figures clés, il existait dès la fin des années 50 une vague de forces fortes, dynamiques et artistiques à Nice. Le musée et ses collections témoignent de la richesse de cette histoire, mise en perspective dans un contexte international, à une époque où ces gestes sont apparus. Une constellation d’actions et d’attitudes est apparue dans le quartier, au fur et à mesure que des personnalités charismatiques ont fait leur marque, visant à créer des liens entre Nice et les capitales internationales du monde de l’art.

A Paris, en 1977, le Centre Pompidou a célébré cette vitalité avec l’exposition “A propos de Nice”, orchestrée par Ben – l’un des principaux protagonistes de ce mouvement épique. Un épisode célèbre a initié la naissance légendaire du mouvement, celle de la division symbolique du monde partagée par trois jeunes hommes sur la plage de Nice en 1947: Yves Klein s’appropriant le bleu infini du ciel; le poète Claude Pascal saisissant l’air et Arman reprenant possession de la terre et de ses richesses. Cette action inaugurale, quête d’absolu, esprit de défi et d’indifférence, a ouvert la voie à une scène active au cœur et en réaction à la tranquillité de la ville balnéaire.

Au-delà des récits qui définissent traditionnellement l’École de Nice dans une succession de mouvements: Nouveau Réalisme, Fluxus, Supports / Surfaces, etc., des attitudes et des gestes primordiaux rassemblent ces générations d’artistes aux pratiques hétérogènes: une révolution des formes, une insolence de attitudes, un appétit pour l’irrévérence et une fascination pour les récits. Au-delà d’une histoire esthétique, «L’école de Nice» témoigne de l’émergence de personnalités dans un contexte cosmopolite et dans une ville alors en pleine mutation.

Côte d’Azur
Dans le film de 1930 A Propos de Nice, le cinéaste Jean Vigo jette un regard satirique sur la ville de loisirs où les touristes aisés et oisifs vivent aux côtés des habitants occupés par les activités de la saison. Une génération plus tard, Nice offre un contraste saisissant entre une certaine modernité, avec son «troupeau de paquebots transatlantiques aux couleurs vives et criardes, une vitrine d’ustensiles en plastique bon marché» * et ses globe-trotters d’été, et l’isolement culturel de jeunes artistes obsédés par le acte de création, – ces contrastes agissent sans aucun doute comme le terreau de leur énergie et de leurs comportements dissidents.

Si l’émergence d’une scène artistique ne peut s’expliquer uniquement par son contexte local, il serait également improductif d’ignorer la spécificité de Nice en tant que ville et ce qu’elle produit et interdit à l’aube des années 1960. C’est sur la plage de Nice qu’Yves Klein rêvait de s’approprier l’infini du ciel et sur la promenade du front de mer que Ben et ses pairs ont imaginé des actions qui connectaient l’art et la vie. Entre les chaises bleues et la foule estivale, des artistes se sont rencontrés et ont remodelé le monde, défiant les stéréotypes qui représentaient le glamour de la Côte d’Azur à l’étranger. Arman a collecté des jetons de casino, Martial Raysse a créé des évocations éblouissantes et pop du monde balnéaire et Claude Gilli a évoqué les paysages d’Azure dans des panneaux découpés aux couleurs vives. Ces références aux amateurs de plaisir,

Des merveilles modernes?
A l’aube des années 60, influencée par le développement du tourisme international et l’américanisation de la société française, Nice s’identifie à la jeunesse, à l’hédonisme et à une consommation de masse florissante. Cette quête perpétuelle du nouveau et de la production de masse poserait les bases du rapport des artistes à l’appropriation et à la subversion du réel. «Oui, Nice est notre paradis paisible et pasteurisé. De là, on pourrait créer un art qui adhère à cette réalité fabriquée» écrivait le critique Jean-Jacques Lévêque en 1967.

Face à cette obsession vertigineuse du nouveau, de la fabrication d’objets bon marché et de l’illusion, les artistes ont inventé de nouvelles formes. Ils ont déformé ce monde, avec son aspiration ridicule à la possession, de manière satirique ou anti-establishment, en distinguant par une fascination pour l’asepsie sa fatale quête de la jeunesse éternelle. A partir de ce spectacle du quotidien, les artistes ont produit une nouvelle beauté alliant excès et mauvais goût. Ils ont proposé une sociologie des «merveilles modernes» inspirées des vestiges d’une société animée par l’accumulation, utilisant la répétition jusqu’au point de rupture et la prolifération pour corrompre et dégrader les objets, et détruit joyeusement les icônes du monde moderne. Ce faisant, ils composent une ode effrénée aux excès du culte de la possession et à l’obsolescence programmée.

La quête de l’absolu – l’invention des actions
En 1947, trois jeunes hommes à l’aube de leur pratique artistique, partageaient le monde «face à cette mer stupide où les vieillards consomment la France et l’art». * Ce conte original et mythique présentait l’horizon de l’ambition, témoignage d’une recherche du absolu à la fois indifférent et obsédé par la conquête. Dans une ville encore déchirée entre conservatisme et modernisme, loin des cercles parisiens, elle a déclenché une série de futures actions radicales et pratiques artistiques basées sur des gestes performatifs et une quête de démesure. Yves Klein a créé son Saut dans le vide dans la banlieue parisienne, Bernar Venet a composé sa propre «chute» dans un tas de détritus pendant son service militaire à Tarascon, et Ben a jeté Dieu dans la mer depuis le port de Agréable.

Ces actions dressent le portrait de cet esprit de quête, entre trivialité, irrévérence et désir de toute-puissance, y compris un goût pour l’humour enfantin et la compétition. Certaines actions peuvent être vues comme une parodie de l’abstraction lyrique alors encore dominante, un acte de critique de la société; d’autres ont utilisé une approche analytique et matérielle ou ont tenté de saisir les «états momentanés» de l’être et du monde. De la marque des objets du quotidien ou des éléments de la nature dans un baptême du feu, ces actions pourraient-elles offrir un moyen de relier la nature transitoire de l’être au désir d’éternité de l’art?

Interroger peintures et attitudes – Théâtre Total
Au milieu des années 1960, un certain nombre de jeunes artistes sont réunis par le magazine Ben’s et l’École des Arts Décoratifs de Nice, avec Charvolen, Maccaferri, Miguel, Dolla et leur professeur Viallat qui finit par être licencié en 1966-67 pour avoir provoqué des troubles politiques. . Engagés dans l’exploration analytique et matérielle de la peinture, Chacallis, Maccaferri, Miguel, Charvolen et Isnard se sont réunis dans le cadre d’une exposition dans la maison de Chacallis dans le Vieux-Nice en janvier 1971. Cet événement était la première exposition officielle du Groupe 70, plus tard suivi d’une invitation au théâtre de Nice.

L’expérience collective prend fin en 1973 après leur participation à la 8e Biennale de Paris. Entre 1968 et 1973, le critique d’art et poète Raphaël Monticelli et l’artiste Marcel Alocco créent «INterVENTION», réunissant les membres du Groupe 70 et divers membres de Supports / Surface pour des débats théoriques et l’organisation d’expositions. C’est alors que Marcel Alocco a commencé son travail sur les personnages, appliquant d’abord des motifs stylisés sur les draps, avant de les découper et de les déconstruire dans ses fameux patchworks. Enfin, en marge de cette recherche académique, Jacques Martinez, qui a travaillé dans le domaine, a dévoilé son propre langage pictural, basé sur les concepts de surfaces, de matériaux et d’actions.

La Cédille qui Sourit
L’artiste américain George Brecht, pionnier de l’art conceptuel, et l’artiste français Robert Filliou, qui maîtrisait l’art de l’ordinaire, ont décidé de s’installer à Villefranche-sur-Mer, près de Nice, pour ouvrir une librairie hors boutique. ” Un centre international de création permanente »sous le symbole de l’humour, La Cédille qui Sourit (la Cédille qui sourit).

D’octobre 1965 à mars 1968, bijoux, éditions de fac-similés, estampes et œuvres d’art originales ont été exposés sans hiérarchie. Les activités de La Cédille qui Sourit se déroulaient parfois dans un lieu du 12 rue de May, qui était “toujours fermé, ouvert uniquement sur demande”, mais le plus souvent dans les rues et les bars de la vieille ville. Robert Filliou l’a décrit ainsi: «Nous avons joué à des jeux, inventé et réinventé des objets, entretenu des liens avec les humbles et les puissants, et bu et parlé avec les voisins.» * Préfigurant les formes critiques réfléchissant sur le sens de notre existence et de son monde né dans les mouvements culturels occidentaux vers mai 1968, La Cedille qui Sourit était une tentative de rapprocher l’art et la vie dans un petit village de la Côte d’Azur, dont l’histoire hante la création artistique internationale moderne.

Supports / Surfaces
Considéré comme la dernière aventure artistique du mouvement avant-gardiste en France, Supports / Surfaces a eu une influence éphémère mais puissante (1970-1972) sur Nice, en faisant le lieu d’expériences importantes. Face aux défis portés par l’art de l’appropriation et l’art des attitudes, les artistes du mouvement soutiennent que la peinture est encore possible et se mettent à réinventer les fondamentaux de l’art. Les outils traditionnels ont été remplacés par des matières premières. Les toiles tendues sur des cadres ont été remplacées par des toiles libres et des tissus ordinaires. L’accent a été mis sur le processus artistique et l’interaction entre actions et supports. Parallèlement à ces actes critiques, la présentation des œuvres d’art a également été remise en cause par l’utilisation de méthodes de présentation non conventionnelles.

Les projets menés en plein air dans les rues du village de Coaraze à l’été 1969 sous l’impulsion de Jacques Lepage, puis sur la côte méditerranéenne à l’été 1970 ont représenté d’importantes périodes d’expérimentation et d’interaction avec le public, mettant en avant les nomades et caractère expérimental des œuvres d’art de Supports / Surfaces.

Interroger la peinture
Au milieu des années 1960, un certain nombre de jeunes artistes sont réunis par le magazine Ben’s et l’École des Arts Décoratifs de Nice, avec Charvolen, Maccaferri, Miguel, Dolla et leur professeur Viallat qui finit par être licencié en 1966-67 pour avoir provoqué des troubles politiques. . Engagés dans l’exploration analytique et matérielle de la peinture, Chacallis, Maccaferri, Miguel, Charvolen et Isnard se sont réunis dans le cadre d’une exposition dans la maison de Chacallis dans le Vieux-Nice en janvier 1971. Cet événement était la première exposition officielle du Groupe 70, plus tard suivi d’une invitation au théâtre de Nice. L’expérience collective prend fin en 1973 après leur participation à la 8e Biennale de Paris.

Entre 1968 et 1973, le critique d’art et poète Raphaël Monticelli et l’artiste Marcel Alocco créent «INterVENTION», réunissant les membres du Groupe 70 et divers membres de Supports / Surface pour des débats théoriques et l’organisation d’expositions. C’est alors que Marcel Alocco a commencé son travail sur les figures, appliquant d’abord des motifs stylisés sur les draps, avant de les découper et de les déconstruire dans ses fameux patchworks. Enfin, en marge de cette recherche académique, Jacques Martinez, qui a travaillé dans le domaine, a dévoilé son propre langage pictural, basé sur les concepts de surfaces, de matériaux et d’actions.

Projets
Une centaine d’événements par an font du musée un lieu de vie et de partage. Des visites guidées, des ateliers, des rencontres avec des artistes ou des chercheurs, des visites de contes, des conférences ou des projections, des visites de danse, des concerts, des performances et des événements, favorisent l’accessibilité de l’art contemporain à un public plus large et transforment le musée en terrain de jeu pour les artistes de différents domaines. Tout au long de l’année, l’équipe du musée construit une constellation de réseaux avec des entreprises, des associations, des étudiants, des travailleurs sociaux pour inventer des programmes spécifiques et des façons de réinventer le musée.

Depuis plusieurs années, le MAMAC s’engage dans de nouvelles lectures actives de l’histoire de l’art, ancrées dans les enjeux de société contemporaine; la mise en valeur de personnages singuliers et la production de nouvelles histoires. Notre relation à la nature et la manière dont les artistes abordent les défis écologiques est l’un des sujets clés abordés dans le programme.

La salle de projet ou galerie contemporaine est consacrée aux expérimentations ou langages visuels les plus actuels de l’art contemporain local et international.

Bibliothèque
Le musée possède sa propre bibliothèque consacrée à la scène artistique internationale d’après-guerre, rassemblant: Une documentation relative aux activités du musée: catalogues, estampes d’artistes et livrets; Plus de 13000 catalogues d’exposition, essais, monographies, magazines…

Branche
Entre autres, le MAMAC a organisé: Gustav Metzger. Remember Nature (février 2017); A propos de Nice. 1947 – 1977 (été 2017); Cosmogonies, au gré des éléments, une exposition collective multidisciplinaire et historique axée sur la co-création avec Nature d’Yves Klein à Thu-Van Tran et Otobong Nkanga (été 2018); Inventing Dance: in and around Judson, New York, 1959-1970 (hiver 2018); Le diable au corps. Quand l’Op art électrise le cinéma (été 2019) sur la relation entre l’art et le cinéma dans les années 1960.

Tags: