Bilan des expositions passées 2018-2019, Musée d’Art Moderne et Contemporain de Nice, France

Depuis des années déjà, le MAMAC s’engage dans de nouvelles lectures actives de l’histoire de l’art, ancrées dans les enjeux de société contemporaine; la mise en valeur de personnages singuliers et la production de nouvelles histoires. Notre relation à la nature et la manière dont les artistes abordent les défis écologiques est l’un des sujets clés abordés dans le programme.

Des visites guidées, des ateliers, des rencontres avec des artistes ou des chercheurs, des visites de contes, des conférences ou des projections, des visites de danse, des concerts, des performances et des événements, favorisent l’accessibilité de l’art contemporain à un public plus large et transforment le musée en terrain de jeu pour les artistes de différents domaines. Tout au long de l’année, l’équipe du musée construit une constellation de réseaux avec des entreprises, des associations, des étudiants, des travailleurs sociaux pour inventer des programmes spécifiques et des façons de réinventer le musée.

Expositions en 2018
Auguste-Dormeuil, si je devais tout refaire
Né en 1968, Renaud Auguste-Dormeuil s’interroge sur la création des images depuis le milieu des années 1990, envisagées dans leur arène publique et politique. Visibilité / invisibilité, lumière / obscurité, se souvenir / oublier, ce que l’on sait / ce que l’on pense savoir, évoquer sans montrer, dire sans parler… sont autant de repères pour comprendre ses œuvres, qui façonnent les codes qui structurent le flux d’images. Si les préoccupations initiales de l’artiste se sont essentiellement concentrées sur les nouvelles cartographies, son travail prend depuis plusieurs années une tournure plus métaphorique et performative. Conçue comme une constellation d’expériences au sein du MAMAC et dans l’espace public, son exposition en galerie contemporaine a pris la forme d’une série d’infra-minces et de performances mises en place pendant la durée de l’exposition,

Cosmogonies, Au Gré des Éléments
Invoquer les éléments, capturer les liens invisibles qui lient les composants de l’univers, comprendre les processus d’érosion, d’impression, de cristallisation, révéler la brûlure du soleil… Depuis le début des années 1960, que ce soit en fantasmant sur la domination des éléments ou en jouant avec l’humilité créatrice de laisser faire les choses, ou quelque part entre les deux, plusieurs générations d’artistes se sont tournées vers la nature et ses manifestations. La démarche de ces artistes-cueilleurs, qui se proposent de «recueillir» le vent, la lumière ou le pollen, découle d’expériences visant à capturer des phénomènes naturels, à explorer les différents états des matériaux ou à observer méticuleusement des éléments apparemment insaisissables.

Les expériences d’Yves Klein sur la capture des «états momentanés de la nature», le Land art et l’Arte povera fascinés par les «forces à l’œuvre» semblent être des moments clés de cette complicité entre le monde artistique et le domaine naturel. Actualiser cette expérimentation , les œuvres sélectionnées pour l’exposition esquissent une ode à l’impermanence et à l’émergence de formes «aidées» par la nature à travers différentes générations d’artistes. Ils mettent en évidence leur attirance persistante pour les processus naturels et leur capture, tout en faisant écho à la diversité du débat contemporain sur les questions environnementales. Animées par une conscience aiguë de la fragilité de l’ordre naturel, les pratiques esquissent implicitement un plaidoyer pour l’environnement et un appel à écouter et ressentir la vie secrète de l’univers.

Michel Blazy, chronologie
Michel Blazy est né sous le paysage azuréen, le 24 avril 1966, et est aujourd’hui l’une des figures françaises les plus originales de sa génération. À travers des effets et des expériences Low Tech, l’artiste observe et travaille avec le vivant, en utilisant des éléments du jardin de la maison au supermarché. Ces petites activités évolutives et éphémères révèlent des explorations sensibles de micro-organismes en perpétuel changement.

Il a imaginé à la Galerie des Ponchettes une installation environnementale immersive comme un jardin de délices, dans lequel fresques, ruines et végétation spontanée offrent littéralement l’expérience du temps qui passe. Les arcades de la galerie, recouvertes de rouge pompéien comme de la purée de tomate, contrastaient avec le ciel bleu fait d’agar-agar rappelant les peintures de Giotto. Au centre de cette fresque se trouvait un cercle de charbon de bois d’où la végétation prenait vie spontanément. Le noir mat du bois calciné contraste avec la brillance et la fraîcheur de la verdure accentuant l’idée de régénération. Une sculpture Anrique recouverte de feuilles d’aluminium, une brique et un disque dur envahi par une végétation spontanée, des vêtements recouverts de mousse complètent ce paysage chromatique, olfactif et sensoriel, dessiné à l’échelle de l’architecture.

Irene Kopelman Paysages croissants, entrelacés, noués, enroulés
Née à Cordoba, en Argentine, en 1974, Irene Kopelman vit entre l’Argentine et Amsterdam. Elle explore des écosystèmes exceptionnels à travers le monde à la recherche d’une compréhension des mécanismes du monde vivant. Chaque nouveau biotope constitue une aventure d’immersion spécifique à la fois sensible (ressentir le paysage, son échelle, ses mouvements); visuel (enchevêtrement et interdépendance des éléments) et intellectuel (découvrir avec les équipes scientifiques sur place les outils d’enregistrement et de mesure, comprendre la vie elle-même de ces écosystèmes et leur rôle à grande échelle).

A partir de ses phases d’observation, des séries de dessins élancés ou de gouaches, à la limite de l’abstraction, sont alors créées, dont les motifs fragmentés évoquent autant d’échantillons d’un paysage. Ce travail «sur le motif» et cette pratique d’enquêtes «post-nature» renvoient aux explorations des naturalistes aux XVIIIe et XIXe siècles. Fasciné par les cabinets de curiosité, et les multiples planches de minéraux et d’espèces botaniques nées de cette période de découverte, l’artiste interroge cette ère d’exploration et de construction des savoirs, d’identification des phénomènes naturels et d’essais méthodologiques, tout en la confrontant à problèmes écologiques contemporains.

Souvent, elle s’est volontairement focalisée sur les paysages extrêmes en raison de leur immensité, de leur nature enveloppante et de leur relative incapacité à appréhender leur globalité: déserts, jungles, glaciers, etc. De cette immensité, elle a à chaque fois isolé des éléments a priori modestes ( , feuilles, simples jeux de lignes lors du voyage du bateau en Antarctique, etc.), comme pour mieux restituer l’univers à ses composants et mouvements et mettre en évidence la vulnérabilité des écosystèmes. Au MAMAC, elle a présenté, pour la toute première fois en France, des séries créées dans la forêt tropicale du Panama en 2014, Project Vertical Landscape, Lianas; une série de dessins sur les mangroves réalisés à Bocas del Toro et deux grands tableaux, basés sur la série de dessins « Banian tree » créés spécialement pour l’exposition.

Dix-huit dessins de la série Crab Pellets sont également présentés dans l’exposition « Cosmogonies, au gré des éléments » et font écho directement à la galerie contemporaine. Son prochain champ d’investigation se concentrera sur les organismes marins,… L’opportunité de dessiner une nouvelle constellation avec les communautés scientifiques du monde entier, d’abord celle de l’Observatoire Océanologique de Villefranche-sur-Mer et de l’Université Côte d’Azur, qui, avec MAMAC, accompagnera l’artiste dans cette nouvelle exploration.

Inventer la danse: dans et autour de Judson, New York 1959 – 1970
Dans les années 1960, la Judson Memorial Church (sur Washington Square à New York) est devenue un centre principal d’expérimentation artistique et un espace de performance majeur pour de nombreux artistes de la scène du centre-ville de New York. Les performances entrelaceraient les arts visuels, la musique, la poésie, le théâtre et la danse, et élargiraient en fait la notion même de ce qui pourrait être considéré comme une danse. À la suite du travail de personnalités de l’époque telles que les chorégraphes Anna Halprin et Merce Cunningham, les artistes Claes Oldenburg et Allan Kaprow, et les compositeurs John Cage et La Monte Young, de nombreux danseurs Judson se sont réunis pour la première fois dans un cours de chorégraphie expérimentale enseigné. par le compositeur Robert Dunn.

L’exposition a offert un aperçu du « Judson » qui reste, encore aujourd’hui, une influence majeure pour la danse contemporaine et les arts plastiques. À travers des films, des photographies d’archives et des éphémères, il tente de documenter les différents mouvements de corps au Judson. La question demeure: comment exposer une œuvre, en grande partie improvisée et propre à sa performance originale, six décennies plus tard? Lorsque Jon Hendricks, artiste activiste et co-fondateur du Guerilla Art Action Group, a rouvert la Judson Gallery en 1966, elle est redevenue un lieu de radicalisme et de collaboration interdisciplinaire. En 1970, il est devenu un point d’éclair dans la défense de la liberté d’expression par les artistes pendant l’opposition à la guerre du Vietnam et le développement continu d’un activisme antiraciste, anticolonialiste, féministe et queer dans la sphère culturelle.

Bernar Venet. Les années conceptuelles 1966-1976
En 1966, le jeune artiste Bernar Venet quitte Nice et s’installe à New York où il entame une révolution artistique introduisant les mathématiques, l’astrophysique et plus tard de nombreux autres domaines de la science et d’autres disciplines dans le domaine de l’art. En 1970, il s’est forgé une réputation comme l’un des chefs de file de l’art conceptuel, un mouvement naissant qui a balayé l’Europe et le monde entier. La période 1966 à 1976 a été une période fulgurante et prolifique pendant laquelle l’intuition et la vision méthodique de Venet l’ont mis sur un chemin imparable vers une nouvelle génération à la fois iconoclaste – poussant l’art au-delà des limites de sa propre définition et processus d’émergence – et profondément contemporain depuis il aborde plus que tout autre art la question de la dématérialisation de l’art et des flux d’information. Cette période a également marqué les débuts de Bernar Venet ‘

L’exposition est prolongée au dernier étage du MAMAC avec une salle dédiée aux œuvres majeures d’art minimal et conceptuel sélectionnées dans la collection de Bernar Venet, reflétant le paysage intellectuel et artistique de cette décennie et ses amitiés de l’époque. Pour la première fois depuis 1971, cette période, dont on sait encore peu de choses sur ce travail, fait l’objet d’une grande rétrospective. Il rassemble plus de 150 œuvres d’art et documents, la plupart étant montrés pour la première fois. Parallèlement à cette exposition et recherche de dix ans, le grand salon du MAC Lyon propose une rétrospective de l’ensemble de l’œuvre de l’artiste: Bernar Venet: 2019 – 1959.

Expositions en 2019
Adrien vescovi. Mnémosyne
Invité par le MAMAC à reprendre la Galerie des Ponchettes, Vescovi a créé une promenade sensorielle presque sensuelle à travers son expérimentation picturale. En réponse à la conception angulaire de la galerie, des peintures suspendues à différentes hauteurs ponctuent les espaces, jouant sur des parallèles et des perpendiculaires, pour que les visiteurs se promènent. Les couleurs, extraites par l’artiste des ocres chauds du Roussillon et des sols et épices marocains, infusent des toiles qu’il expose ensuite à la lumière fraîche et aux intempéries dans un parc hollandais pendant quelques mois. Pour les Ponchettes, il a finalement assemblé ces toiles autoportantes dans de nouvelles compositions, jouant sur ces mouvements nord-sud qui ont laissé leur empreinte dans l’histoire de la peinture.

Adrien Vescovi produit ses propres couleurs à partir de décoctions végétales ou minérales, créant des «essences paysagères» qui reflètent les différents lieux géographiques dans lesquels il travaille En exposant ses toiles au vent, aux phénomènes de clair de lune, de soleil et d’oxydation, des formes ou des nuances primitives apparaissent, habitées par le souvenir de leurs différents états d’existence. Dans la galerie, des cordes tressées et teintes par l’artiste dessinaient des courbes sauvages entre les peintures, s’entrelacant et s’élevant entre les arcs comme des vignes serpentant sur le sol. Elles subvertissaient les lignes et les plans des peintures. Immersion dans des pots de décoctions étranges, elles se sont progressivement imprégnées des matières / couleurs créées par Vescovi. Répondant à cette promenade intérieure, les peintures sur les grandes arches extérieures. Face à la mer et soumises au soleil, au vent et à la pluie,pendant toute la durée de l’exposition, les toiles étaient chargées de la mémoire des météores.

Diable dans la chair, quand l’Op Art électrise le cinéma
Dans le cadre de la Biennale des Arts de Nice 2019: « L’Odyssée du Cinéma. La Victorine a 100 ans ». Au début des années 1960, l’art cinétique s’impose en Europe avec un double credo: déstabiliser la perception et rendre l’art populaire. Des peintures à la lumière, des reliefs lumineux motorisés et des environnements vertigineux ont changé la perception. Surnommé «Op Art» en 1964, cet art d’avant-garde a rencontré un succès populaire mémorable, au point de connaître un phénomène de détournement exceptionnel. Alors que les publicitaires, les créateurs, les grandes marques et le monde de la mode ont saisi ses formes exaltantes, le cinéma a donné à l’Op Art un angle inattendu. Art du mouvement et de la lumière, il était à la fois un prédécesseur, capable de sublimer ses jeux visuels, et un adepte, qui s’efforçait de l’engloutir par son désir de modernité. Des drames aux thrillers,

Cette exposition plonge les visiteurs dans cette histoire passionnée entre deux arts, ponctuée de dérision et d’incompréhension, de sublimation réciproque, de livraisons pop ou baroques, mais aussi de collaborations et de copieur. Avec le soutien de près de 30 films, 150 œuvres et documents, il explore l’origine et les aspects tacites de cette fascination prédatrice, et il considère ce que le cinéma révèle de sa propre nature à l’Op Art. Ainsi, il montre l’esprit d’une décennie ébouriffée par la modernité, assoiffée d’émancipation et hantée par les fantômes de la guerre. Cette époque, pleine de contradictions, a créé une esthétique complètement nouvelle aboutissant à la friction fructueuse entre les arts visuels et le cinéma.

Hippolyte Hentgen, le bikini invisible
The Invisible Bikini… Le titre pourrait annoncer le début d’une improbable quête qui semble puiser dans les souvenirs des thrillers classiques ainsi que des bandes dessinées, que nous consommions dans notre enfance. Dispersées tout autour de la galerie, les créations d’Hippolyte Hentgen surgissent comme autant d’indices ou d’extraits de récit, alimentant le mystère. Des mains, des jambes et des pieds surdimensionnés, désincarnés de toute silhouette, semblent avoir été soulevés tout droit d’un dessin animé, comme s’ils avaient fui des personnages joyeusement aplatis, étirés et pulvérisés par Tex Avery. Les formes fondues, émancipées du destin bidimensionnel qui leur est réservé par l’animation et la bande dessinée ont aussi quelque chose qui rappelle la culture pop. Il’ Il est presque impossible de ne pas penser aux sculptures douces de Claes Oldenburg ou aux figurines en vinyle produites par ses contemporains Teresa Burga et Kiki Kogelnik en observant ce défilé de corps informes et d’objets triviaux tels que cigarettes et journaux. Cette référence pop est renforcée par l’inclusion de tentures combinant pin-up plantureuses et onomatopées.

Hippolyte Hentgen joue avec ce mélange d’univers qui n’a jamais eu l’intention d’entrer en contact. Dans ce musée de l’imaginaire, créations avant-gardistes, bandes dessinées, animations, illustrations populaires et dessins animés éditoriaux se mêlent, formant un univers fantastique et jubilatoire complètement séparé des hiérarchies des genres. Ce bikini invisible est, bien sûr, un clin d’œil un peu vif et débridé à la Côte d’Azur et ses corps languissants et ses stéréotypes; prélude à une fiction que le visiteur est libre de composer lui-même. Mais c’est aussi une interprétation irrévérencieuse, criarde et volontairement malicieuse des œuvres de tant de grands noms qui peuplent les collections du MAMAC.

Lars Fredrikson
Né en Suède, Lars Fredrikson s’est installé dans le sud de la France en 1960. Artiste infatigable curieux et habilement inventif, il a créé un univers unique et sensible développé à travers la poésie, l’expérimentation plastique, la philosophie extrême-orientale et la technologie moderne. Ses recherches étaient ancrées dans le Zeitgeist: à l’instar de Nam June Paik, Fredrikson a exploré très tôt le potentiel plastique de la télévision – et de l’électronique en général, tandis que ses recherches sur les structures invisibles et l’aléatoire semblent étonnamment proches de l’œuvre de John Cage. Ces pratiques étaient liées par une seule quête: rendre perceptibles des flux habituellement invisibles – qu’ils soient énergétiques, telluriques, sidéraux ou intérieurs.

Cette rétrospective de l’artiste Lars Fredrikson est née d’une collaboration avec le NMNM, le Nouveau Musée National de Monaco. Ici, des œuvres majeures inédites de l’artiste et des pièces empruntées à d’importantes collections publiques et privées ont été présentées ensemble pour la première fois. L’exposition s’est ouverte sur la dimension cosmique des œuvres «cinétiques» et des sculptures en inox avant de passer aux collages et dessins par fax jusqu’aux installations sonores, dont Fredrikson a été l’un des pionniers. Le spectacle a mis en lumière ses affinités avec la Fondation Maeght, ses multiples collaborations avec des poètes et, non des moindres, son implication avec la Villa Arson où il a créé le tout premier studio de son dans une école d’art en France, influençant ainsi plusieurs générations de artistes sonores jusqu’à aujourd’hui. De cette façon,

Charlotte pringuey-cessac. Son primordial
Primal Sound est une invitation au voyage dans le temps, des premiers témoignages de la vie humaine à Nice il y a 400000 ans, et du témoignage de pierres taillées laissées par ce groupe, jusqu’aux expériences menées aujourd’hui par l’artiste Charlotte Pringuey- Cessac pour évoquer le souvenir vibrant de ces vies passées. Ce voyage à travers les siècles est basé sur l’idée d’un son primordial, expression empruntée au poète Rainer Maria Rilke. Après avoir découvert avec émerveillement le potentiel des premiers phonographes, il a rêvé d’une «chose étonnante»: «mettre en sons les innombrables signatures de la création qui durent dans le squelette, dans la pierre, (…), la fissure dans le bois , la marche d’un insecte « . La réminiscence d’un monde passé, le dialogue intime avec les témoins du passé et la pensée magique qu’elle investit dans ce qui semble inerte,

Préhistoire, méthodologie et outils utilisés par l’archéologie, constituent une base de son travail, une matière à partir de laquelle elle développe des expériences et des contes, se permettant d’errer entre science et licence poétique, l’empreinte laissée par l’histoire et sa réinvention contemporaine. Pensée comme un voyage, son exposition à Nice se déroule du musée de la Préhistoire de Terra Amata, épicentre de l’activité de ces premiers humains, au MAMAC, en passant par la « Colline du Château » où une sépulture datant des XIIème et XIIIème siècles remplie de funérailles des restes ont été découverts en 2013.

Musée d’art moderne et contemporain de Nice
Le musée d’art moderne et contemporain, également appelé Mamac, est un musée dédié à l’art moderne et contemporain ouvert depuis le 21 juin 1990 à Nice. Situé au cœur de la ville, à côté de la place Garibaldi et dans le prolongement de la « Coulée Verte », le MAMAC propose une plongée dans l’Art International d’après-guerre des années 1950 à nos jours. Avec une collection de près de 1 400 œuvres de plus de 350 artistes, (dont 200 en moyenne exposées), le musée propose – entre autres – un dialogue original entre le Nouveau Réalisme Européen et le Pop Art américain. Le musée présente également des œuvres clés de l’art minimal et de l’arte povera. Deux artistes majeurs de l’art du XXe siècle forment le cœur des collections: Yves Klein, avec une salle permanente unique au monde, rendue possible grâce aux prêts à long terme des Archives Yves Klein, et Niki de Saint Phalle. Artiste féminine de premier plan de l’après-guerre, Niki de Saint Phalle a fait un grand don au musée en 2001. Le MAMAC détient ainsi aujourd’hui l’un des plus gros fonds de l’artiste au monde.

Le musée met également en lumière la singularité et l’importance de la scène artistique locale de la fin des années 50 au début des années 70. Nice et la Côte d’Azur étaient alors un lieu important d’expérimentation et d’invention de nouveaux gestes artistiques avec des artistes de premier plan comme Yves Klein, Martial Raysse, Arman, Ben et des groupes comme Supports / Surface. Malgré la singularité des personnalités et des pratiques, trois enjeux majeurs se posent: l’acte d’appropriation du quotidien (avec les Nouveaux Réalistes notamment), un art du geste et de l’attitude (avec Fluxus) et une exploration analytique de la peinture (avec Support / Surface et Groupe 70). Cette recherche est mise en perspective avec la création artistique européenne et américaine des soixante dernières années.

Le bâtiment du musée situé à côté de la place Garibaldi, conçu par les architectes Yves Bayard et Henri Vidal, a la forme d’un arc tétrapode à cheval sur le cours du Paillon. La monumentalité du projet développé sur la couverture du Paillon permet de relier le musée à un théâtre via une terrasse, appelée Promenade des arts. Avec son plan carré, son architecture s’inspire des règles du néoclassicisme. La surface disponible est d’environ 4 000 m 2 répartis sur neuf salles d’exposition sur trois niveaux. Ses façades lisses sont recouvertes de marbre blanc de Carrare. L’entrée et la boutique se trouvent au niveau de l’Esplanade Niki de Saint Phalle surplombant la place Yves Klein où se trouvent également l’auditorium et la galerie contemporaine du musée. Les espaces du musée sont dédiés au premier étage aux expositions temporaires,

Les espaces s’étendent sur cinq niveaux, dont deux ensembles de 1.200 m2 consacrés aux collections du musée. Un étage et une salle de projet sont consacrés à des expositions temporaires internationales alternant expositions thématiques et monographies d’artistes majeurs des soixante dernières années. Un toit-terrasse accessible au public offre une vue panoramique imprenable sur Nice.

Situé au cœur de Nice, le MAMAC (Musée d’Art Moderne et Contemporain) a été conçu par les architectes Yves Bayard et Henri Vidal et ouvert en 1990. Un toit-terrasse ouvert au public offre une vue panoramique imprenable sur Nice. Sa collection, riche de plus de 1300 œuvres de 300 artistes, relie l’histoire artistique régionale et internationale.

La Déclaration constitutive du nouveau réalisme, rédigée par le critique d’art Pierre Restany est signée chez Yves Klein, à Paris, le 27 octobre 1960. Cependant, c’est au cours de la décennie précédente que les artistes ont préparé le terrain: Hains et Villeglé dès 1949 « détachez » ensemble leurs premières « affiches lacérées »; Klein fait ses premiers Monochromes et Tinguely ses premières sculptures animées …

1960 est une année vivante: Tinguely crée sa première machine auto-destructrice à New York; Klein fait ses « Anthropométries » puis les « Cosmogonies »; à Paris, César expose trois voitures compressées au Salon de Mai et Arman remplit la galerie Iris Clert de déchets, lors de l’exposition intitulée « The Full », etc.

Les traits communs aux Nouveaux Réalistes sont le refus de l’abstraction, la conscience d’une «nature moderne»: celle de l’usine et de la ville, de la publicité, et de la massmédia, de la science et de la technique. Ancrés dans cette réalité, leur démarche fait écho à la brillante analyse de la société de consommation et de ses idoles proposée en 1956 par Roland Barthes dans son livre Mythologies. Le groupe engage l’objet dans une nouvelle aventure, utilisant l’aspect poétique de l’objet: détritus, décollement d’affiches, assemblages, compressions ou accumulations d’éléments issus d’une technologie industrielle.

En 1961, l’exposition intitulée The Art of Assemblage, au Museum of Modern Art de New York, consacre la proximité des New Realists avec les artistes Pop Art.

Le Pop Art américain s’est construit sur l’héritage du Pop Art britannique issu de l’Independent Group dont Lawrence Alloway était l’un des principaux membres, et en 1956, il a organisé l’exposition emblématique This is tomorrow à Londres. Du côté américain, le mouvement a largement émergé à travers les artistes néo-dada Robert Rauschenberg et Jasper Johns. Son noyau est à New York où des artistes tels qu’Andy Warhol, Roy Lichtenstein et Tom Wesselmann ont exposé leur art. Les artistes pop se réfèrent directement à la société de consommation et aux effets néfastes liés à la société de consommation moderne. Ils prônaient un retour à la réalité, se tournant vers le monde de la marchandise et des nouvelles formes de cultures populaires: stars du cinéma, de la publicité et de la bande dessinée, leur donnant une dimension iconique et détachée, avec les valeurs de la société américaine en toile de fond.

Le MAMAC possède l’une des plus grandes collections d’œuvres de Niki de Saint Phalle au monde: plus de 200 œuvres, leur permettant de changer régulièrement les œuvres exposées. Niki de Saint Phalle (Neuillysur-Seine, France, 1930 – La Jolla, États-Unis, 2002) a fait de sa vie une œuvre d’art. Sans aucune éducation artistique particulière autre que son instinct et une sorte de certitude que tel est son destin, elle se consacre entièrement à son travail. L’art était pour elle une thérapie et son appétit artistique l’aidait à surmonter les difficultés, à souligner ses souffrances et à faire face à la maladie. « Champagne, glacier et fleurs », titre d’une lettre de 1979 que Niki de Saint Phalle écrivit à son amie artiste Marina Karella, résume sa personnalité à la fois forte, sensible et charismatique. Elle était une rebelle et a choisi d’utiliser des armes,

Le premier d’entre eux a été créé en 1961. « Tirs » [tournages], est la série d’œuvres avec lesquelles elle a acquis une reconnaissance en tant qu’artiste et a gagné, malgré de sévères critiques, une notoriété en France et rapidement internationale. Elle a également créé des œuvres originales en plaçant des sacs remplis de peinture sur des toiles recouvertes de plâtre, puis en tirant sur les toiles avec un fusil. Le travail est tiré et le résultat est une nouvelle pièce créative. L’artiste a exprimé la rage et la violence en elle dans un geste extérieur; elle a tiré sur son père dont elle a été maltraitée à l’âge de 11 ans, sur sa mère, ainsi que sur la société ecclésiale et toutes ses injustices.

Suite à ses premières expositions Tirs, les New Realists l’ont invitée à rejoindre leur groupe, elle étant la seule femme membre. Quand, en 1963, Niki de Saint Phalle a fait la transition loin de Tirs, elle a commencé à créer des sculptures en plâtre blanc, dont certaines étaient mortelles ou dérangeantes comme c’est le cas avec la série représentant des mariées, des cœurs et même des femmes en train d’accoucher. Ses sculptures étaient faites de tissu et de laine sur des cadres en fil de fer auxquels Niki de Saint Phalle ajoutait souvent des objets de récupération. Les femmes représentées par Niki de Saint Phalle étaient toujours enchaînées par le mariage ou la maternité, et elle essayait de les libérer. En 1964, Niki de Saint Phalle a adopté la série « Nanas » pour mettre à nouveau en valeur les figures féminines. Ces sculptures aux couleurs vives et aux courbes généreuses symbolisaient la femme moderne, libérée des traditions. Les nanas sont noirs,

L’artiste a consacré une grande partie de sa vie à ces projets monumentaux. Ses sculptures se sont transformées en véritables pièces architecturales: le toboggan Golem à Jérusalem en 1972 ou Hon, le plus grand des Nanas (28 m de long), construit par Niki en 1966 à Stockholm. Elle a été activement impliquée dans Cyclope (1969-1994) de Jean Tinguely à Millyla-Forêt, près de Paris. Cependant, sans aucun doute le Jardin des Tarots, un projet en Toscane qui a débuté en 1978, a été son œuvre la plus complète. Elle a autofinancé l’ensemble du projet et il lui a fallu plus de 20 ans pour le terminer. L’art lui a peut-être sauvé la vie, mais l’air qu’elle respirait en créant ses sculptures en polyester était la cause de problèmes pulmonaires dont elle souffrirait pour le reste de sa vie. Un an avant sa mort en 2001, elle a fait don de nombreuses œuvres importantes au MAMAC,

Yves Klein
L’aventure monochrome
Explorez une galerie, unique au monde, dédiée au maître de l’immatériel. Yves Klein est né à Nice en avril 1928; ses parents étaient tous deux peintres (Marie Raymond et Fred Klein). En 1946, il rencontre Arman et le poète Claude Pascal à Nice, avec qui il partage des aventures poétiques sur les plages locales

Il apprend le judo avec Claude Pascal, (il deviendra 4e dan), et tous deux déambulent dans l’avenue Jean Médecin pieds nus, vêtus de chemises blanches avec les empreintes de main et de pas de Klein. Klein et Arman s’intéressaient à la philosophie zen, et c’est sur le mur d’une cave appartenant à la famille d’Arman que Klein peint ses premiers monochromes bleus entre 1947-1948. En 1955, à Paris, il rencontre Tinguely, César, Raysse et Restany, et au Salon des Réalités Nouvelles, il montre un tableau en une seule couleur, Expression de l’univers de la couleur mine orange [Expression de l’univers de la Couleur Orange plomb], (M60), 1955, signé « Yves le Monochrome », qui a été rejeté et a fait beaucoup de bruit.

A partir de 1956, les expositions « Yves: peintures » suivront: Propositions Monochromes, Galerie Colette Allendy à Paris, Yves Klein: Proposte monocrome epoca blu, à Milan et Pigment pur en 1957, toujours à la Galerie Allendy, au cours de laquelle il présenta la pratique applications de la «période bleue», après avoir établi un bleu outremer, qui allait devenir IKB (International Klein Blue). C’est en 1958, à la suite du grand événement médiatique qu’est l’exposition Vide à la galerie Iris Clert à Paris, où Klein présente une galerie complètement vide; les murs ont été peints en blanc par l’artiste et la fenêtre de la galerie a été peinte en bleu. Accueilli par son ami Robert Godet, sur l’Ile Saint-Louis, il a orchestré la première de ses expériences de «pinceaux vivants»,

Les premières Anthropométries ont été montrées en public à la Galerie internationale d’Art contemporain de Paris en mars 1960, avec une performance dans laquelle trois modèles de nus féminins recouverts de peinture bleue, rampaient et se déplaçaient sur le sol recouvert de papier pour l’occasion; les modèles ont également imprimé leurs corps sur les murs, sous la direction du «chef d’orchestre» Klein, au son de la Symphonie Monotone-Silence. Klein meurt en juin 1962 à Paris, laissant derrière lui des œuvres d’une grande profondeur lyrique, après avoir démontré le pouvoir du vide, sculpté l’eau et le feu, inventé l’architecture de l’air, etc. La preuve en est la série « Cosmogonies » « , moments-états de la nature « , enregistrant les signes de comportement atmosphérique de toiles voyageant sur le toit de sa voiture entre Paris et Nice,

3ème étage
Jouer sur les mots. Jouez sur les signes.
Une œuvre iconique du MAMAC, La Cambra ou «Ben’s Museum» rend compte de la place de l’écriture dans l’œuvre de cet artiste incontournable. Sa calligraphie douce, sans entraves, presque enfantine nous ramène au vent du changement et à l’art de l’attitude initié à la fin des années 1950 à Nice. Autour de cette œuvre monumentale, d’autres jeux de mots, d’écritures et de langues sont exposés. Sur les murs, des peintures et des feuilles de papier, des glyphes et des alphabets sont inventés, des anagrammes, des poèmes de danse, des tags et des mots croisés sont dessinés. Cette exposition combine des œuvres de la collection ainsi que des prêts et des présentations d’artistes de différentes générations liés à l’histoire du musée. La relation entre le mur et l’écriture est mise en évidence.

L’œuvre engage le corps du spectateur, du lecteur, de l’énonciateur ou même de l’acteur. Certaines œuvres ont un profil très bas et demandent aux visiteurs d’être attentifs, d’autres leur crient dessus, les prennent à partie, font appel à leur imagination. La question centrale de leur déchiffrement fait écho à celle de la compréhension de l’œuvre et des clés pour l’interpréter. Alors que les mots interpellent les mondes de la poésie et de l’enfance, ils engagent un rapport éminemment politique avec le monde, sur la place de l’artiste dans notre société

Art abstrait américain
L’art minimal est apparu aux États-Unis au milieu des années 1960
Avec le minimalisme, l’art a été considéré dans une perspective totalement nouvelle subissant une transition radicale qui a évité les conventions traditionnelles. L’aspect le plus remarquable de cette transformation est la nouvelle relation entre le spectateur et l’œuvre d’art, qui réinvente la perception esthétique d’un objet jusque dans sa substance. Les œuvres ont monopolisé l’espace, qui est devenu un espace existentiel et non plus un espace esthétique. Auparavant, une œuvre d’art occupait son propre territoire séparé du spectateur. L’art minimal a ouvert une nouvelle sphère d’activité pour l’artiste dans laquelle la conscience de son propre corps dans sa relation avec l’espace environnant prédomine, ce qui entraîne des toiles extra larges et l’obsolescence du socle.

Acheté avec l’aide de FRAM Photo Muriel Anssens, Ville de Nice – ADAGP, Paris, 2019 triangles et ainsi de suite) et sur les questions de volume, de surface et de planéité. Cherchant à obtenir un effet maximal avec le minimum de ressources, ces artistes ont supprimé toute trace de subjectivité dans leur travail et ont souvent incorporé des matériaux et des techniques industriels

Les partisans du mouvement comprennent: Donald Judd, Ellsworth Kelly, Robert Morris, Kenneth Noland, Franck Stella et Richard Serra.

L’art conceptuel a émergé dans les années 1960. Elle affirmait la primauté de l’idée sur l’objet, dans la mesure où la production de l’œuvre n’était même plus strictement nécessaire. Il a repoussé les limites du champ artistique traditionnel en questionnant le sens et la finalité de la pratique artistique. En 1969, Sol LeWitt déclarait: « Les idées peuvent être des œuvres d’art. Elles sont dans une chaîne de développement qui peut éventuellement trouver une forme. Toutes les idées n’ont pas besoin d’être matérialisées. »

Les artistes conceptuels suivants sont présentés dans cette salle: Sol LeWitt, Joseph Kosuth, Robert Morris, James Lee Byars et Ed Ruscha.

Albert Chubac
Albert Chubac est né à Genève en 1925. Suite à ses études en Arts Décoratifs et Beaux-Arts à Genève, son travail a été influencé par certaines périodes de formation: son intérêt pour Klee, Kandinsky, Miró, Matisse et Picasso; rencontre Nicolas de Staël en 1950; et ses voyages en Italie, Espagne, Grèce, Egypte et Algérie.

Expositions créées avec des œuvres de la collection MAMAC et une aide précieuse de: Archives Yves Klein, Centre national des arts plastiques (Paris), Jean Dupuy, Estate Robert Filliou, Peter Freeman, Inc. (New York / Paris), JeanBaptiste Ganne, Eric Guichard , Arnaud Labelle-Rojoux, La succession Arman, Lilja Art Fund Foundation, Loevenbruck (Paris), Stéphanie Marin, Tania Mouraud, Niki Charitable Art Foundation, Emmanuel Régent, Sharing Art Foundation, Ben Vautier, Bernar Venet et des collectionneurs qui ont souhaité garder l’anonymat .

Dès ses toutes premières peintures, presque abstraites, il utilise une palette de couleurs primaires, appliquées par blocs. Il a ensuite appliqué cette technique à des sculptures en bois «transformables». L’idée derrière ces sculptures était de permettre au spectateur de changer les éléments. Plus tard, il a exploré les propriétés luminescentes du plexiglas coloré.

En 2004, Albert Chubac a fait don d’une centaine d’œuvres à la Ville de Nice pour le Musée d’Art Moderne et Contemporain. Le MAMAC a présenté ce don en 2004, devenant ainsi la référence du travail de l’artiste en France.

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