Cloisonnisme

Le cloisonnisme est un style de peinture post-impressionniste avec des formes audacieuses et plates séparées par des contours sombres. Le terme a été inventé par le critique Edouard Dujardin à l’occasion du Salon des Indépendants, en mars 1888. Les artistes Émile Bernard, Louis Anquetin, Paul Gauguin, Paul Sérusier et d’autres ont commencé à peindre dans ce style à la fin du XIXe siècle. Le nom évoque la technique du cloisonné, où des fils (cloisons ou “compartiments”) sont soudés au corps de la pièce, remplis de verre poudré, puis cuits. Beaucoup des mêmes peintres ont également décrit leurs œuvres comme du synthétisme, un mouvement étroitement lié.

Le cloisonnisme est une technique picturale qui consiste à englober des plaques chromatiques à l’intérieur de la limite nette d’un contour, sans effets de clair-obscur, créant ainsi des formes de couleur compactes de sa qualité formelle et ses peintures n’ont pas de profondeur ou d’ombres.Il a besoin d’un effet décoratif.

Le terme a été inventé par le critique d’art français Édouard Dujardin et a été utilisé pour la première fois par lui dans un article publié le 9 mai 1888 dans la Revue Indépendante. Dujardin a fait référence aux peintures du peintre français Louis Anquetin qui avaient récemment été montrées dans une exposition du groupe d’artistes belge Les XX (Les Vingt) à Bruxelles.

L’origine du cloisonisme remonte aux réflexions et expériences auxquelles Louis Anquetin et Émile Bernard se sont consacrés en réponse au néo-impressionnisme en 1888. Tous deux se sont détournés du divisionnisme qu’ils avaient précédemment expérimenté et ont développé ensemble de nouvelles stratégies. Ils trouvent leur inspiration, entre autres, dans les gravures japonaises (voir Japonisme).

Le terme, utilisé pour la première fois par le critique d’art Édouard Dujardin, évoque la technique, remontant au Moyen Âge, de fenêtres de construction où les contours des figures forment des compartiments (cloisons) qui entourent les différentes pièces de verre coloré; un effet similaire est obtenu avec la technique de l’émail sur métal, où chaque couleur est réservée un espace rempli de poudre de verre, le produit est ensuite soumis à des températures élevées qui fondent le verre, formant des couleurs compactes et libres d’effets de clair-obscur. Dujardin a écrit que

“Ces peintures donnent l’impression d’une peinture décorative, d’un agencement extérieur, d’une couleur violente et jet rappelant inévitablement les images et la série japonaise. Puis, sous le ton hiératique du dessin et de la couleur, on sent une vérité surprenante qui s’affranchit du romantisme de passion, et surtout, petit à petit, notre analyse est rappelée sur la construction intentionnelle, rationnelle, intellectuelle et systématique […] le peintre tracera le dessin avec des lignes fermées au sein desquelles il placera différents tons, le chevauchement des qui donnera la sensation de la couleur générale recherchée, car la couleur et le dessin s’interpénètrent. L’œuvre de ce peintre est un peu comme un tableau cloisonné, et sa technique sera une sorte de cloisonnisme ”

Les caractéristiques du cloisonisme sont le rejet de la perspective centrale, la réduction du contenu de l’image à ses formes élémentaires, l’application extensive de couleurs principalement saturées et, en particulier, le fort contour des surfaces, qui a inspiré Édouard Dujardin pour créer ses mots. Cela faisait référence aux œuvres correspondantes comme quelque chose comme une peinture par «compartiments», analogique au cloisonné, (allemand: quelque chose comme une peinture de «départements», analogue à la technique du cloisonné), c’est pourquoi souvent pour l’explication de l’attention du cloisonisme est attiré par la technique de fusion cellulaire (cloisonné), dans laquelle les zones colorées en émail sont délimitées par des barres métalliques.

Les réalisations de Bernard et Anquetin ont rapidement été reprises par Paul Gauguin et utilisées en synthèse. D’autres artistes inspirés du cloisonisme étaient Paul Sérusier et divers Nabis, dont Henri Matisse, et des représentants de l’expressionnisme.

Dans The Yellow Christ (1889), souvent cité comme une œuvre cloisonniste par excellence, Gauguin réduit l’image à des zones de couleurs uniques séparées par de lourds contours noirs. Dans de telles œuvres, il accorde peu d’attention à la perspective classique et élimine audacieusement les dégradés subtils de couleur, deux des principes les plus caractéristiques de la peinture post-Renaissance.

La séparation cloisonniste des couleurs reflète une appréciation de la discontinuité caractéristique du modernisme.

D’autres travaux
Émile Bernard Autoportrait avec portrait de Gauguin, dédié à Vincent van Gogh. Bernard, 1888
Émile Bernard, Breton Women in the Meadow, août 1888. Bernard échange celui-ci avec Gauguin qui l’apporte à Arles à l’automne 1888 lorsqu’il rejoint Van Gogh, amoureux de ce style. Van Gogh a peint une copie à l’aquarelle pour en informer son frère Théo.
Vincent van Gogh, Femmes et enfants bretons, novembre 1888 (aquarelle d’après Bernard).
Paul Gauguin, Vision après le sermon, 1888.
Louis Anquetin, Femme lisant, 1890
Paul Sérusier, Le Talisman / Le Talisman, 1888, Musée d’Orsay, Paris