Annecy-le-Vieux, Haute-Savoie, Auvergne-Rhône-Alpes, France

Annecy-le-Vieux est une ancienne commune française située dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Au 1er janvier 2017, il fusionne avec les communes d’Annecy, Cran-Gevrier, Meythet, Pringy et Seynod, pour former une nouvelle commune. Cette ville, qui s’étend au-delà des rives nord-est du lac d’Annecy, est devenue la banlieue très résidentielle de l’agglomération d’Annecy, à moins de 3 km de son centre-ville.

L’histoire
L’histoire d’Annecy-le-Vieux débute sur les rives du lac, à Petit-Port, il y a environ 6000 ans. Nos ancêtres y vivaient dans des huttes que la montée des eaux à la fin de l’âge du bronze les a obligés à quitter.

Les populations occupaient déjà les rives du lac d’Annecy entre -4000 et -900 et étaient principalement des agriculteurs et des pêcheurs. Les Allobroges celtes occupaient à leur tour les territoires des Préalpes, les montagnes savoyardes et les rives des grands lacs. Ils ont très vite eu des contacts commerciaux avec les territoires «italiens». Occupés à partir de -121, les Allobroges sont définitivement vaincus par les légions romaines en -62 et leur territoire s’ouvre à la colonisation romaine.

Les Romains s’installent à partir de -50 sur la rive nord du lac d’Annecy, dans la Plaine des Fins, au pied du site d’Annecy-le-Vieux, et fondent la ville de Boutae (future Annecy), qui regroupait près de 2000 habitants entre les II et V siècles; il occupait une position stratégique au carrefour de trois grandes voies de communication romaines (Italie, Genève, Cisalpine Vienne). À peu près à la même époque, un propriétaire romain nommé Annicius – peut-être de la célèbre et puissante famille de patriciens romains, les Annici – possédait une importante villa appelée Anniciaca, située sur la colline en contrebas du mont Veyrier, à l’emplacement actuel de la capitale d’Annecy. le-Vieux, d’où il surplombait la Plaine des Fins et le lac. Les villas romaines étaient en fait de puissantes fermes pouvant rassembler plus d’une centaine de personnes.

A l’époque gallo-romaine, Annecy-le-Vieux abritait de nombreuses villae (fermes) qui approvisionnaient Boutae, le village qui s’est développé dans la Plaine des Fins, à partir du Ier siècle. Ces fermes abritent jusqu’à une centaine de personnes vivant pratiquement en autarcie. Selon les érudits du XIX e siècle, c’est l’importante propriété d’Anicius (Anniciaca), située sur le site de l’actuelle capitale, qui aurait donné son nom à Annecy-le-Vieux. Affaibli par les invasions, le vicus de Boutae abandonna progressivement au cours du 6 e siècle au profit de la colline d’Annecy-le-Vieux considérée comme plus sûre.

Dès le 12 ème siècle, «la petite capitale rurale» est supplantée par Annecy-le-Neuf qui pousse sur les contreforts rocheux du Semnoz près de Thiou. Depuis lors dédiée à l’agriculture et à l’élevage, Annecy-le-Vieux connaîtra une profonde transformation après la Seconde Guerre mondiale. La ville de quelque 2000 âmes avec plus de 90 fermes deviendra une ville de 21279 habitants (recensement 2017).

Avec l’affaiblissement de l’Empire romain, de nombreuses tribus barbares ont déferlé sur la Gaule. Les Bourguignons ont occupé un certain temps dans la région et ont laissé de nombreuses preuves archéologiques, mais trop d’attaques, d’incendies, de pillages et de meurtres ont sonné le glas de la ville romaine de Boutae, et au VI siècle la population a finalement complètement abandonné la ville pour se réfugier. sur les collines voisines. Villa Anniciaca a accueilli de nouveaux habitants et a été fortifiée pour protéger sa population, tout en continuant à vivre principalement de l’agriculture. Du VI au XII siècle, Anniciaca atteint son apogée, devenant une véritable capitale rurale. A partir de 1107, la nouvelle bastide d’Annecy-le-Neuf commence à prendre de l’importance, l’ancienne Anniciaca, devenue Annecy-le-Vieux, perd sa position hégémonique, et retourne à ses métiers agricoles (vigne, céréales, élevage ),

L’histoire industrielle d’Annecy-le-Vieux débute en 1857, lorsque Georges Paccard installe sa fonderie de cloches sous la ville et se poursuit avec le moulin acquis par Joseph Cléchet en 1868 qui devient un très important moulin à farine. Sur 65 hectares, le parc économique des Glaisins, ouvert en 1972, regroupe plus de 300 entreprises actives dans les secteurs de l’informatique, de la mécanique, de l’électronique, de la haute technologie et de la banque. Le domaine universitaire regroupe une IUT, une école d’ingénieurs (EIES) et un Institut de management (IMUS) qui forment plus de 4000 étudiants. Sans oublier le Laboratoire de Physique et Particules (LAPP) inauguré en 1976.

Le caractère résidentiel de la commune se confirmera au XIX siècle et au début du XX siècle, lorsque de nombreux artistes viennent séjourner ou se retirer à Annecy-le-Vieux, pour créer, se reposer et profiter de la vue magnifique sur le lac et la montagnes: Eugène Sue, Astolphe de Custine, John Ruskin et Gabriel Fauré, entre autres, sont devenus fidèles de la commune. Au milieu du XIX siècle, sur le terrain du bas de la commune, s’installèrent quelques industries, deux fleurons étaient le moulin Cléchet et la fonderie des cloches Paccard, qui fit la réputation d’Annecy-le-Vieux dans le monde entier. La cloche «La Savoyarde» du Sacré-Cœur à Paris a été coulée à Annecy-le-Vieux en 1891. Ce drone, toujours l’un des plus gros au monde, pèse 18 835 kg, mesure 3,06 m de haut et 9,60 m de circonférence, avec une épaisseur à la base de 22 cm,

Avec le rattachement de la Savoie à la France et l’arrivée du chemin de fer, les vins français sont venus concurrencer dangereusement les vins d’Annecy-le-Vieux, mais ce sont surtout les attaques de moisissure, puis de phylloxéra, qui ont entraîné la réduction et le disparition complète de la production viticole au début du XXe siècle. En 1973, les habitants d’Annecy-le-Vieux choisissent de rester indépendants et refusent la fusion-absorption proposée par Annecy, sa voisine et sœur. Au 1er janvier 2017, elle fusionne avec les communes d’Annecy, Cran-Gevrier, Meythet, Pringy et Seynod, pour former une nouvelle commune, nommée Annecy, de 121809 habitants (données 2013).

Tourisme
Au bord du lac, la spacieuse plage d’Annecy-le-Vieux, bordée de fleurs, de plantes et d’arbres, est l’une des plus fréquentées et offre aux baigneurs un cadre harmonieux. La marina abrite 214 bateaux, avec une rampe de mise à l’eau, refaite en 2004. Les roselières, au bord du lac, sont un cadre agréable pour une promenade. Ils ont été restaurés en 1999, sont entretenus et abritent de nombreux oiseaux. Un sentier lacustre sur une passerelle a été créé en 2003 et depuis début 2007, la dernière propriété (4 500 m) de la commune avec accès direct à la rive a été achetée pour 4,4 M €. ce qui permettra de rendre publique toute la péninsule.

Héritage historique

Le clocher roman du XIIe siècle
C’est probablement l’un des plus beaux monuments romans classés de toute la région. Situé dans le cœur historique de la capitale, il faisait initialement partie d’une église dédiée à Notre-Dame, elle-même construite sur l’emplacement d’un temple dédié à Jupiter. Cet édifice de culte a été détruit à la Révolution et une nouvelle église Saint-Laurent a été construite en 1849. En 1988, la restauration de la tour a ravivé les peintures murales du XV e siècle. Il y a aussi une cloche en bronze «républicaine» de 700 kg, coulée à l’époque révolutionnaire (1792) par Jean-Baptiste Pitton et classée monument historique en 1937.

Maisons fortifiées et châteaux
Annecy-le-Vieux possède un riche patrimoine bâti mais les principaux bâtiments privés ne se visitent pas.

La Villa Dunand
Le compositeur Gabriel Fauré y vécut plusieurs étés de 1919 à 1924. De nombreux musiciens venaient à Annecy-le-Vieux pour rencontrer le Maître.

Le château de Pesse
Cette forteresse du XIV ème siècle tire son nom d’une pesse (sapin) remarquable. C’était aussi un point de rencontre de chasse pour les ducs de Nemours.

Château de La Cour
Magnifique demeure nichée dans un écrin de verdure, qui a vu naître la «Vénérable» Anne de Guigné.

La Villa La Tour
Il a accueilli l’un des écrivains français les plus populaires du XIX e siècle, Eugène Sue. Exilé en Savoie, ce célèbre joueur de feuilleton a passé les dernières années de sa vie à Annecy-le-Vieux.

Les chapelles
Dans les quartiers de Frontenex et Provins, deux jolies chapelles témoignent d’un riche passé rural.

Le site sublacustre du Petit Port Monument historique logo Inscrit MH (1991).
Le clocher d’Annecy-le-Vieux Monument historique logo Classé MH (1908), situé dans la capitale, de type roman, il date du XII e siècle. L’église Notre-Dame, à laquelle elle appartenait, a été dévastée pendant la Révolution française. Il est classé monument historique par décret du 7 mai 1908. C’est un beffroi remarquable avec deux étages de fenêtres jumelées. L’église d’origine a été construite sur les fondations d’un temple gallo-romain dédié à Jupiter. La cloche en bronze a été coulée en 1796 par Jean-Baptiste Pitton, saint voyageur de Carouge, ville située près de Genève. À l’origine, c’était une cloche républicaine, de 90 cm de haut, 109 cm de diamètre et pesant 700 kg. Il est orné de deux bas reliefs, l’un représentant un Christ en croix, l’autre une vierge portant l’enfant Jésus. Il a été classé monument historique en 1937.
L’actuelle église Saint-Laurent, de type néoclassique sarde, a été construite de 1849 à 1952. Sa façade comprend un tympan triangulaire et deux niches abritent les statues de Saint Laurent et de Saint François de Sales. A l’intérieur, deux palourdes en pierre, placées dans le narthex de la première église. Il y a aussi un beau Christ en bois du XVIe siècle. En 1986, la municipalité fait refaire la toiture et la façade, et en 1995, l’intérieur est également rénové. Les orgues sont l’œuvre du facteur d’orgues Dunand de Lyon et datent de 1961.
La chapelle Frontenex, construite en 1861 par le chanoine Paul-Bernard Croset-Mouchet.
La chapelle Provins, construite en 1877, de style néo-gothique. Plusieurs chapelles se sont succédées à cet endroit qui a fait l’objet, lors des célébrations de la Vierge et au XIX e siècle, de pèlerinages locaux de renom. L’édifice actuel abrite une Pietà (Marie pleurant son fils mort) cachée par les jeunes Albigny à l’époque révolutionnaire (voir ci-dessus xviii e siècle) classée Monument Historique à titre d’objet.
Le château de Pesse est une belle demeure du xiv ème siècle et était une chasse aux ducs de Nemours. C’était la possession de ou de: Emyon, la Rochette, Montfalcon de Flaxieu, Viollon, Viollon de la Pesse, du Tour, Croset, Girod et Robert Friess.
Le château de la Cour, construit avant 1419, est une ancienne place forte et résidence de plaisance du xviii e siècle. Le château appartenait à la famille Menthon (des origines à la Révolution) puis aux familles Livet et Guigné notamment. Il a vu la naissance d’Anne de Guigné (25 avril 1911 – 14 janvier 1922), déclarée «Vénérable» en 1990.
La Villa de la Tour, où vécut l’écrivain Eugène Sue.
La Villa Dunand et son parc, où vécut le compositeur Gabriel Fauré de 1919 jusqu’à sa mort en 1924, appartiennent désormais à la commune. La villa abrite quelques services municipaux. Situé dans la capitale, le parc Gabriel-Fauré a été restauré en 2005 dans le goût de l’époque. C’est un lieu de divertissement et de rencontres festives durant l’été.
Café Brunet, classé «Café Européen Historique», et connu pour ses soirées philosophiques, ses soirées débat et ses soirées performances.
L’abbaye, située en contrebas de la capitale, est un quartier de la ville. En effet, il n’y a jamais eu d’abbaye sur le territoire d’Annecy-le-Vieux, ni de moines, uniquement des terres appartenant à des congrégations religieuses. Ces terres agricoles ont été initialement vendues au xiii e siècle par le comte Guillaume II de Genève, les Dames de l’abbaye cistercienne de Sainte-Catherine du Semnoz. La ville a restauré l’ancien corps de ferme et l’a consacré aux arts graphiques avec l’école municipale de dessin et une salle d’exposition d’art contemporain.

Événements culturels et festivités
Voici les principaux divertissements proposés par Annecy-le-Vieux:
Comédie musicale Gabriel Fauré
La course autour du lac, “l’Ancilevienne”.
Coupe Haute-Savoie Mont Blanc, 13 édition en avril 2007. 750 jeunes footballeurs de six pays européens.
1 discothèque et plusieurs clubs privés.
L’Ancileviennerie est un festival traditionnel d’automne organisé en octobre.

Espace vert
En 2014, le jury régional du concours des villes et villages fleuris a confirmé le maintien du classement de la commune en «2 fleurs».
La population compte 11 parcs et jardins publics, sans oublier le vaste domaine forestier de la commune: parc des Raisses (2 hectares), parc des Vignières / Pommaries (2 hectares en développement), parc Gabriel Fauré (6700 m), parc du Petit Brogny ( 6 500 m), parc du Lachat (4 900 m), place d’Albigny (1 200 m), aire de pique-nique d’Albigny (2 500 m)… La commune offre également de nombreux sentiers et allées de charme pour se promener formant un véritable réseau piétonnier reliant les différents territoires.
Un nouvel espace de 5 hectares, à la fois place urbaine et parc paysager, est en fin de développement. Le projet a été choisi en novembre 2005 par les Ancileviens, parmi quatre projets, permet de relier plusieurs quartiers, et comprend des voies de circulation (voitures, bus, vélos, piétons), un parking souterrain avec 180 nouvelles places trop peu utilisées actuellement selon l’opposition, un skatepark, une structure de la petite enfance, un jardin d’enfants et deux hectares de parc paysager. Les travaux ont débuté en septembre 2006 et devraient s’achever début 2008.
La vallée du Fier est un poumon vert et sauvage situé à la limite nord de la ville qu’elle longe sur plusieurs kilomètres. Le Fier est une rivière-torrent dans les Préalpes de Haute-Savoie, qui traverse l’agglomération d’Annecy. Sur une longue distance, entre le Pont de Brogny et le Pont de Tasset, la communauté de l’agglomération d’Annecy a décidé de valoriser ce milieu naturel et de le restituer aux habitants. Les travaux devraient démarrer en 2007, ils concernent 118 hectares de rivage.
Le Mont Rampon (957 m) et le Mont Veyrier (1291 m) sont riches en sentiers de randonnées offrant un magnifique panorama sur le lac, sur toute l’agglomération d’Annecy, et sur les montagnes (Aravis, Tournette, le Semnoz et le plateau des Glières).
Le mont Rampignon (894 m) offre un sentier botanique d’environ deux heures de marche, et permet également d’avoir une vue magnifique sur la ville d’Annecy et le lac.
Le 10 octobre 2010, l’opération «21 000 arbres pour 21 000 ancileviens» a été lancée sur quatre ans. Au cours de la première année, plus de 3 500 arbres, principalement des chênes, des tilleuls et des genévriers ont été plantés, dans des lieux publics et privés.

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